Chromotopie, diptyque, 2013 100x162 cm.j

CHROMOTOPIE

In Pinceau nomade (éd. New world press, Pékin 2016)

            Les plus anciens êtres vivants se sont renforcés en changeant de couleur. Quatre milliards d’années plus tard, la couleur nous régénère, comme l’a remarqué Kandinsky chez les paysans russes, comme je l’ai remarqué chez les paysans du Shanbei.

            Un jour de 2008 des couleurs « pures » ont envahi mes toiles et m’ont emporté avec elles. Je leur ai choisi une texture chiffonnée pour qu’elles apparaissent en va-et-vient, plus actives, plus nourrissantes ; pas de plat, pas plus de vide que dans le cosmos également qualifié de « chiffonné » par l’astrophysique. Je les ai superposées pour des métissages parfois surprenants, comme peuvent nous surprendre les sensations colorées des poètes Tang ; mais aussi car comme l’écrit Lucrèce « Il n'y a pas de couleur qui ne puisse se changer en toute espèce d'autre couleur ».

              

            Enfin, pour leur donner corps je cerne des figures passagères, animales, végétales, humaines mais aussi territoires, pour que se répande l’aliment chromatique.

François Bossière, Paris, 10 juillet 2013